Le Palais de la découverte publie une revue scientifique à destination d'un large public. Cette publication bimestrielle est le reflet des activités permanentes et temporaires du Palais de la découverte.
Vous trouverez dans le numéro 358 (Septembre Octobre 2008) deux articles traitant de l’odorat.
Véritable immersion dans le monde des odeurs, l’exposition Né pour sentir, qui ouvre ses portes le 14 octobre 2008 au Palais de la découverte, propose un vaste et passionnant parcours olfactif pour se réconcilier avec son nez. Entre science et culture, cette exposition, à la fois interactive et ludique, permettra au public de redécouvrir un des sens les moins utilisés chez l’être humain et dont les champs de recherches scientifiques émergent depuis une trentaine d’années.
En 2004, l’olfaction a été mise à l’honneur avec la remise du prix Nobel en physiologie/médecine aux chercheurs américains Richard Axel et Linda B. Buck pour leurs découvertes sur le fonctionnement du système olfactif.
Le parcours sensoriel de cette exposition est dédié à un très large public. Il est composé de vingt modules thématiques et invite le visiteur à une nouvelle réflexion sur ses propres perceptions olfactives.
Même si l’odorat est l’un des sens les plus discrédités dans notre société d'aujourd'hui essentiellement axée sur la vue et l'ouïe, ces derniers temps, les odeurs suscitent de plus en plus d’intérêt. Malgré l’image d’animalité que nous associons souvent à ce sens, force est de constater que pour chacun d’entre nous une odeur n’est jamais neutre : on l’aime ou non.
Les odeurs sont très fortement liées aux émotions. On constate d’ailleurs que plus l’émotion est intense, plus l’association à l’odeur est puissante, cette dernière pouvant même persister toute notre vie.
« L’odorat ébranle le psychisme plus profondément que l’ouïe ou que la vue, il semble plonger aux racines de la vie » disait Jean-Jacques Rousseau. […]
Quel point commun entre une odeur d’essence et une odeur de jasmin ?
Apparemment aucun, ces deux odeurs sont bien distinctes et reconnaissables entre mille autres. Pourtant, ces deux odeurs sont produites par la même molécule, le ß–bromostyrène !
Comment une même molécule chimique peut-elle provoquer la perception de deux odeurs
différentes ? C’est ce que nous allons découvrir en partant explorer ce sens fondamental
qu’est l’odorat.
L’odorat, ou olfaction, est un sens chimique essentiel à la survie de tous les animaux. Il est partagé par des êtres vivants aussi différents que les insectes, les poissons, les reptiles, les mammifères... Sans lui, pas de détection de nourriture ou du prédateur prêt à attaquer, pas de reconnaissance du congénère enclin à se reproduire avec vous ! Un sens donc essentiel à la vie. Et pourtant, pendant de longues décennies, le sens olfactif fut oublié des recherches en neurosciences. Sans doute parce que l’on pensait que l’Homme utilisait très peu son odorat. La tendance s’est inversée depuis la fin des années 1980 : des découvertes portant sur les mécanismes de l’olfaction ont ravivé l’intérêt des scientifiques pour cette thématique. Désormais, les recherches sur l’olfaction occupent une place majeure dans la neurobiologie moderne. La compréhension des mécanismes cérébraux avance et ouvre même des perspectives thérapeutiques intéressantes. Petit voyage au pays du cerveau des odeurs...
Les odeurs sont volatiles, présentes tout autour de nous dans l’air que nous inspirons. Elles viennent régulièrement nous titiller les narines. Les narines ? Pas exactement. [...]