Le Grand Palais est un monument emblématique depuis sa construction pour l’Exposition Universelle de 1900. Dès l’origine, il n’a eu de cesse de se mettre au service de l’excellence française, de ses artistes, de ses créateurs, de ses entreprises, de ses territoires. Monument républicain, il s’est attaché tout au long de son histoire à faire découvrir l’art à un large public et, depuis1937, la culture scientifique, avec l’arrivée du Palais de la découverte.

Un siècle après sa création, le Grand Palais va entrer en 2021 dans une nouvelle phase de son histoire grâce à de grands travaux de restauration et d’aménagement. L’État mobilise, pour soutenir ce projet d’intérêt national, des crédits budgétaires du Ministère de la Culture ainsi que des dotations du Grand Plan d'investissement.  

En septembre 2020 le Palais de la découverte fermera ses portes pour entamer sa mue. Durant la fermeture, il maintiendra sa mission auprès des publics sous la forme d'un Palais éphémère en proposant une offre plurielle - faite d'activités de médiation, d'expositions, d'actions - "hors les murs", sur internet et les réseaux sociaux.

À sa réouverture en 2024, le Palais de la découverte proposera au public une nouvelle muséographie. Les travaux constituent une opportunité unique d’actualiser la proposition du Palais de la découverte au public, en inscrivant l’institution dans le XXIe siècle tout en préservant l’âme et l’esprit du lieu, dans lequel la médiation tient une place fondamentale.

Sylvie Hubac présidente de la Rmn-GP et Bruno Maquart, président d'Universcience présentent le projet.

LE PROJET ARCHITECTURAL

Le Palais d’Antin, dans lequel se déploie le Palais de la découverte, construit par Albert Thomas, se démarque par un vocabulaire décoratif qui lui est propre. Il respecte une stricte symétrie tout en étant en communication avec le reste du Grand Palais par une baie encadrée de colonnes monumentales en granit et ouverte sur le Salon d’Honneur.

Les salles se répartissent symétriquement de part et d’autre d’une rotonde elliptique placée au centre du bâtiment. La scénographie a, au fil des ans, masqué l'esthétique intérieure d'origine.

Le projet de restauration prévoit la remise en valeur des décors 1900 comme les mosaïques, les dalles de verre, les plafonds verriers encore en place mais cachés sous les moquettes ou des faux plafonds. Il est prévu la restitution à l’identique et dans les règles de l’art des décors disparus.

Le projet prévoit les dégagements des plafonds verriers, des voussures, des décors et les ouvertures des espaces afin d'organiser la séquence lumineuse de l’enfilade des trois halls (la rotonde centrale et les deux ailes).

Dans les galeries, les dispositifs seront mis en place pour permettre la réalisation d’une muséographie conforme aux nécessités de médiation du Palais de la découverte.


Le projet architectural dans son ensemble a été confié à François Chatillon, Architecte en Chef des Monuments Historiques du Ministère de la Culture, chargé de la restauration et de la mise en valeur du Grand Palais et à l'Agence LAN (Local Architecture Network) créée par Benoît Jallon et Umberto Napolitano.

(image avec légende)
© François Chatillon, ACMNH
UN NOUVEAU PROJET POUR LE PALAIS DE LA DÉCOUVERTE OUVERT AUX ENJEUX DE LA SCIENCE ET DE LA RECHERCHE

La rénovation du Palais de la découverte n’est pas que celle de ses murs ; au-delà de la remise en majesté de l’architecture et des décors classés du Palais d’Antin dans lequel évolue ce musée de sciences pas comme les autres depuis plus de 80 ans, les travaux constituent une opportunité unique d’actualiser la proposition au public du Palais de la découverte en inscrivant l’institution dans le XXIe siècle tout en préservant tant son âme que l’esprit du lieu.

L’offre du Palais 2024 obéira à quelques principes simples, tirés de l’expérience acquise au fil du temps. Il s’agira de renforcer les concepts à l’origine du Palais de la découverte en disposant d’un lieu qui mette les citoyens en contact avec les sciences fondamentales, lieu où le vecteur principal d’interaction sera la médiation humaine, où l’on découvrira les fondamentaux de la science, la science en train de se faire et où place sera faite à l’émerveillement.

L’objectif sera aussi de refléter les caractéristiques contemporaines de la science en incluant les développements récents et les nouveaux champs scientifiques, de montrer la puissance des approches transdisciplinaires dans la recherche contemporaine.

Le Palais de la découverte offrira dès lors au public la possibilité de se pencher sur les questions traitées par la recherche contemporaine. Il sera ainsi un lieu qui, au lieu d’apporter la science au public, amènera le public à la science. Il ne s’agira pas de combler les lacunes scientifiques des visiteurs, mais de mobiliser les connaissances et l’intelligence du public, de l’accompagner sur le chemin le menant vers la science elle-même. En faisant appel, comme le Palais le fait depuis les origines, aux scientifiques, aux industriels ou encore aux artistes.

Le Palais de la découverte sera spécialement conçu pour permettre un contact direct et rapproché avec la démarche scientifique elle-même. Il sera consacré à la science prise globalement, donc à l’action de découvrir plutôt qu’à la présentation de découvertes réalisées par d’autres dans le passé. En outre, les pratiques d’adresse au public et de médiation seront diversifiées afin de prendre en compte la manière dont les sociétés contemporaines nouent des liens avec les sciences et les technologies marquées par une plus grande proximité, l’accès aisé à l’information, la généralisation de l’apprentissage continu tout au long de la vie et l’utilisation des outils numériques.

Cette diversification des pratiques sera soutenue par un centre de recherche en médiation scientifique. Y seront développés et évalués de nouvelles approches pour la médiation, de multiples stratégies pour s'adresser à des publics spécifiques et des formats innovants pour impliquer les citoyens dans la recherche contemporaine. Les résultats se refléteront dans les pratiques futures et seront diffusés dans des forums appropriés, tels que les revues de recherche en communication scientifique, renforçant ainsi le rôle du Palais de la découverte en tant qu'institution leader dans son domaine.

La muséographie du Palais de la découverte devra être à la hauteur des contenus scientifiques qui sont les siens : contemporaine, innovante, en perpétuelle transformation. Il est envisagé de créer une "machine à expériences" qui comprendra des éléments d’émerveillement allant des exposés emblématiques à une salle d’immersion où l’on pourra faire disparaître les murs de l’institution et, par exemple, vivre en direct une opération chirurgicale, une exploration sous-marine, ou un voyage dans une navette spatiale. Les présentations seront renouvelées régulièrement afin de rendre compte des nouvelles questions scientifiques qui émergeront année après année. Le Palais de la découverte proposera enfin ce que l’on pourrait appeler une médiation humaine augmentée, c’est-à-dire une médiation assurée par un personnel hautement qualifié dans les domaines scientifiques abordés (un des aspects de l’ADN du Palais) et exploitant le potentiel des technologies numériques pour apporter une dimension supplémentaire dans la visualisation des concepts, dans leur contextualisation et dans l’approfondissement.

Le Palais de la découverte s’adressera à tous. Dès lors, les visiteurs pourront être confrontés à tous les aspects de la science, même s’il s’agit de sujets complexes et de matières difficiles. Destiné à un public de 12 ans et plus, le Palais de la découverte s’adressera plus particulièrement aux adultes, que ce soit sur le plan du design, de la langue, des thématiques ou des approches. Les plus jeunes bénéficieront de la Galerie des enfants, équipement art-sciences pour les 3-10 ans, co-géré par Universcience (disposant d’une solide expertise dans ce domaine avec la Cité des enfants de la Cité des sciences et de l’industrie) et la Rmn-Grand Palais.

Le public scolaire (30% de la fréquentation) et les enseignants continueront d’être un public prioritaire dans une logique d’éducation informelle et de complément aux enseignements scolaires. C’est le sens, par exemple, de l'ouverture, en mars 2018, d’un espace permanent sur l’informatique et les sciences du numérique.

Les activités du Palais de la découverte se développeront également dans les espaces communs, montrant ainsi que la science est partout. Militant de la science pour tous, le Palais de la découverte proposera des activités sur la terrasse du Nouveau Grand Palais.

Poursuivant l’objectif de faire évoluer le regard porté sur la science par la société dans son ensemble et de montrer que la science est partout, le Palais de la découverte l’inscrira résolument comme composante de premier rang de notre culture. Car la culture générale du XXIe siècle, scientifique s’il en est, doit réserver, aux côtés des humanités classiques, une place majeure aux humanités scientifiques, techniques et numériques.