L'Univers fabrique des molécules carbonées proches de celles sur lesquelles repose la vie terrestre.
Dans le milieu interstellaire, dans les vastes nuages de gaz et de poussières où naissent les étoiles, les radioastronomes y ont déjà identifié près de 70 molécules comportant carbone et hydrogène. La chimie organique semble donc universelle.
L’hypothèse la plus probable serait donc un « ensemencement » de la « soupe primitive terrestre » par des molécules prébiotiques d’origine météoritiques…
Pour l'instant, il n’existe aucun modèle théorique ou expérimental satisfaisant de scénarios d’émergence de la vie sur terre.
Nous disposons des pièces du puzzle, pas du plan de montage.
D'un autre côté, nous savons que ce passage s'est réalisé rapidement. La vie émerge sur Terre avant même que le bombardement de météorites et de comètes soit totalement fini. Et sur une planète très active sur le plan géologique, où les conditions de vie évoluent donc vite et brutalement. C'est d'ailleurs cette rapidité qui impressionne et fait penser que l'émergence de la vie ne serait pas un processus si extraordinaire et serait donc susceptible de s'être reproduite sur d'autres planètes.
Ce que l'on connaît de l'histoire de Mars pourra-t-il nous aider à comprendre le scénario terrestre ?
Cela revient à se demander si la planète Mars, à ses débuts, partageait les conditions de la Terre primitive. Sur Terre, cette émergence de la vie requiert de l'eau et des molécules organiques extraterrestres dont l'apport est rendu possible par l'atmosphère freinant les chutes de micrométéorites. L'existence d'océans primitifs, donc d'atmosphère, semble attestée par des cristaux très anciens. Sur Mars, de l'eau a probablement coulé dans les temps les plus anciens, ce qui suppose une atmosphère permettant l'apport de matière organique par les météorites. Si l'apparition de la vie, la formation des premiers automates, relève d'un acte chimique simple, pourquoi ne serait-il pas reproductible ? En outre, le processus fut assez robuste pour supporter le bombardement météoritique et cométaire durant les 200 premiers millions d'années de la Terre. La vie a très bien pu redémarrer plusieurs fois. Dans ce cas, le processus a pu s'opérer sur Mars, même si l'assèchement et le refroidissement de la planète — il y a 3,8 milliards d'années — l'ont figée. L'intérêt d'aller en rechercher les traces réside justement dans cet arrêt sur image. Si la vie ou une évolution prébiotique sont apparues sur Mars, des traces fossiles ont pu être mieux conservées. Sans tectonique des plaques, avec un volcanisme réduit, sans érosion par l'eau, sans oxygène, Mars a pu garder dans ses archives géologiques des fossiles d'automates primitifs. En tout cas, cela vaut le coup d'être vérifié.
