Quatre prix Nobel français au Palais de la découverte
Cycle de conférences exceptionnelles (novembre/décembre 2008) en partenariat avec le magazine
Dans le cadre de l'exposition « Alfred Nobel, au service de l’innovation » (du 7 octobre 2008 au 11 janvier 2009) créée par le Musée Nobel de Stockholm sous l’égide de la Fondation Nobel, il a été organisé, afin de mettre à l’honneur les chercheurs français qui ont été distingués, un cycle de 4 conférences destinées au plus grand nombre. Les expériences des « Nobels », ces chercheurs français qui ont vu leurs efforts récompensés nous ont permis d’appréhender les démarches de la recherche et de comprendre quels sont les facteurs porteurs d’innovation. Retrouvez ci-dessous ces conférences (format audio MP3)
Conférence « De la Matière à la Vie : Chimie ? Chimie ! »
Par Jean-Marie LEHN ISIS, Université Louis Pasteur, Strasbourg et Collège de France, Paris, prix Nobel de chimie en 1987.
La matière animée tout comme la matière inanimée, les organismes vivants ainsi que les matériaux, sont formés de molécules et d'ensembles organisés résultant de l'interaction des molécules entre elles. La chimie établit le pont entre les molécules de la matière inanimée et les systèmes moléculaires hautement complexes qui constituent les organismes vivants. La chimie moléculaire a développé un ensemble de méthodes très puissantes pour la construction de molécules toujours plus sophistiquées. La chimie supramoléculaire se fixe comme but l'édification d'assemblées de molécules au moyen des interactions entre les partenaires. La formation spontanée d'architectures organisées repose sur la mise en œuvre d'information au niveau moléculaire, en une sorte de programmation moléculaire, qui établit ainsi un lien entre chimie et science de l'information. Elle constitue la base de la capacité d’auto-organisation qui a conduit de la matière à la vie. Le champ de la chimie est l'univers de toutes les espèces moléculaires et de toutes les transformations possibles de la matière. Celles effectivement présentes dans la nature ne forment qu’un seul monde parmi tous les mondes possibles en attente d'être créés.
Écouter la conférence (79'46'') :
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Par Claude COHEN-TANNOUDJI, Laboratoire Kastler Brossel de l’Ecole Normale Supérieure et Collège de France, Paris. Institut Francilien de Recherche sur les Atomes Froids prix Nobel de physique en 1997.
Pendant longtemps, la lumière émise ou absorbée par les atomes a été considérée uniquement comme une source d’informations sur les atomes, permettant de comprendre leur structure et d’identifier leur présence dans divers types de milieux. On montrera dans cet exposé que la lumière est aussi un outil pour agir sur les atomes et pour manipuler leurs divers degrés de liberté. L’utilisation des lois de conservation dans les interactions atome photon permet en effet de contrôler au moyen de faisceaux laser la polarisation, la vitesse et la position d'un atome neutre et de le refroidir à des températures très basses, de l'ordre du microKelvin, voire du nanoKelvin. Quelques mécanismes physiques de refroidissement et de piégeage seront passés en revue de même que quelques applications possibles des atomes ultrafroids ainsi obtenus : horloges atomiques, interférométrie atomique, tests des théories fondamentales, réalisation de nouveaux états de la matière comme les condensats de Bose Einstein et les gaz de Fermi dégénérés, molécules ultrafroides. On soulignera également les liens de plus en plus étroits que l’étude des atomes ultrafroids permet d’établir entre la physique atomique et d’autres disciplines comme la physique statistique, la physique des solides, l’étude des transitions de phase, l’information quantique.
Par Jean Jouzel, Climatologue et glaciologue français, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace. Il est par ailleurs vice-président du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC). En 2007, il partage avec Al Gore et les autres scientifiques membres du GIEC le Prix Nobel de la Paix.
Depuis quelques siècles, les activités humaines modifient de façon sensible la composition de l'atmosphère. L'utilisation des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) est largement responsable de l'augmentation de la concentration en gaz carbonique depuis le début de l'ère industrielle (augmentation de 35% depuis 1850) tandis que les concentrations en méthane ont plus que doublé et que celles de l'oxyde d'azote ont augmenté de 15%. Bien qu'il s'agisse là de constituants mineurs de l'atmosphère, de tels changements sont susceptibles de modifier notre climat car ils conduisent à une augmentation de l'effet de serre atmosphérique. Notre communauté scientifique affirme, qu'à défaut de mesures efficaces visant à maîtriser les émissions de ces gaz à effet de serre, le réchauffement lié aux activités humaines va s'accentuer d'ici la fin du siècle et au-delà.
Les différents aspects de ce problème seront abordés à travers les rapports du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC/IPCC). Quelles sont les certitudes des scientifiques mais aussi quelles sont les incertitudes qui subsistent ? Quels seront les impacts du réchauffement climatique lié à l'action de l'homme et quelles sont les mesures qui peuvent être envisagées ?
Conférence « Spintronique : le spin des électrons s’invite dans nos ordinateurs et nos téléphones ! »
Par Albert FERT, Unité Mixte de Physique CNRS/Thales et Université Paris-Sud, Orsay, il reçoit (avec l'Allemand Peter Grünberg) le prix Nobel de physique en 2007 « pour la découverte de la magnétorésistance géante ».
La conférence d'Albert Fert introduira le cycle de présentations d'expériences sur les nanosciences qui est organisé, en partenariat avec le centre de compétence nanosciences Ile de France « C'Nano IdF », dans le cadre du programme "Un chercheur, une manip" présenté au Palais de la découverte. Ce cycle, qui débutera par des expériences de spintronique, a pour but de permettre à tous de découvrir le nanomonde pour mieux comprendre les événements qui apparaissent à l'échelle du milliardième de mètre.