Une aurore boréale, qu’est-ce que c’est ?
Fabrice Mottez – Une aurore boréale est un phénomène céleste qui se produit dans le ciel nocturne, à une altitude comprise entre 80 et 500 km ! Ce sont des lumières, souvent structurées en rideaux ou en tâches diffuses, qui présentent des phases de brillance et de mouvement. De couleurs vertes, roses, violettes ou bleues, tantôt diffuses, tantôt intenses, elles peuvent être de courtes durées ou bien offrir un spectacle pendant plusieurs heures.
Comment se forment-elles ?
F.M. – Dans l’espace, le Soleil émet en permanence un flux de particules chargées appelé vent solaire. Lorsque ces particules atteignent la Terre, elles interagissent avec la magnétosphère, le champ magnétique qui entoure notre planète. Celui-ci canalise certaines particules vers les régions polaires. Là, elles pénètrent dans la haute atmosphère, c’est-à-dire la couche de l’atmosphère qui s’étend au-delà de 100 km d’altitude : assez haute pour que les avions commerciaux n’y accèdent plus, mais assez basse pour que les satellites en soient encore loin. Les particules entrent en collision avec les atomes et molécules présents, notamment l’oxygène et l’azote. Ces collisions transmettent de l’énergie aux atomes, ce qui excite leurs électrons, les faisant passer à un niveau d’énergie plus élevé ! Lorsque ces électrons retournent à leur état initial, ils émettent des photons, des particules de lumière. Ainsi, les couleurs des aurores dépendent du gaz impliqué et de l’altitude de la collision : l’oxygène produit souvent des teintes vertes ou rouges, tandis que l’azote génère plutôt du bleu ou du violet. De quoi en voir de toutes les couleurs !
Pourquoi peut-on surtout les observer dans les régions polaires ?
F.M. – Sur notre planète, la magnétosphère agit comme un bouclier qui nous protège des particules solaires. Cependant, près des pôles Nord et Sud, ce bouclier est plus faible car les lignes du champ magnétique sont perpendiculaires à la surface de la Terre, comme si elles « plongeaient » vers le sol. Les particules solaires sont donc concentrées vers les régions polaires, produisant les aurores boréales (au Nord) et australes (au Sud). C’est pourquoi on peut surtout observer ces ovales auroraux autour des pôles géomagnétiques, où ils sont les plus fréquents et intenses. Pour autant, il est aussi possible de voir ce phénomène à d’autres endroits du globe, comme dans le ciel breton en ce début d’année !
Quels sont les meilleurs moments pour voir des aurores boréales ?
F.M. – En hiver, les aurores boréales sont plus fréquentes et plus intenses pendant les nuits noires, sans lune, loin de la pollution lumineuse des villes. On peut également en voir aux équinoxes de printemps et d'automne, autour de mars et septembre. Les périodes de forte activité solaire, par exemple comme lors du « maximum solaire » tous les 11 ans environ, augmentent aussi vos chances de les admirer.
Avez-vous des conseils pratiques pour partir à leur chasse ?
F.M. – Si vous souhaitez maximiser vos chances de voir ces anneaux lumineux, choisissez un lieu éloigné des villes pour éviter la pollution lumineuse. Privilégiez les régions proches du cercle polaire arctique, comme la Laponie, l’Islande ou le nord du Canada. Et évitez les nuits nuageuses : un ciel dégagé est essentiel pour profiter pleinement de ce phénomène. Enfin, munissez-vous de vêtements chauds, d'un appareil photo avec un bon capteur de lumière, et surtout… soyez patient.
Peut-on photographier une aurore boréale avec un smartphone ?
F.M. – Oui, il est possible de photographier une aurore boréale avec un simple smartphone, mais les résultats seront meilleurs avec un appareil photo équipé d'un bon capteur et d'un trépied. Néanmoins, vous pouvez utiliser des applications de photographie nocturne pour ajuster les paramètres de votre smartphone et capturer les détails des couleurs. L’astuce, c’est de jouer avec la focale !
Que faut-il garder en tête pour profiter de l’expérience ?
F.M. – Il faut savoir que réussir à voir une aurore boréale reste un spectacle rare. Il faut souvent s’armer de patience en restant assez longtemps pour pouvoir profiter pleinement de l'expérience. Les aurores boréales sont imprévisibles, mais leur beauté en fait une expérience inoubliable. Préparez-vous bien, choisissez le bon moment et le bon lieu, et laissez-vous émerveiller par ces lumières naturelles célestes... aussi mystérieuses que scientifiquement intéressantes.
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19 mars 2026
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